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mardi 26 septembre 2023
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Interview de Hery Lanto Rakotoarisoa: « Textile city devrait être destiné aux nouveaux investisseurs » 

EconomieInterview de Hery Lanto Rakotoarisoa: « Textile city devrait être destiné aux nouveaux investisseurs » 

Le président du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) revient sur les enjeux et les prérequis nécessaires pour qu’un hypothétique Textile city voie le jour et soit porteur de croissance pour le secteur qui est l’une des locomotives industrielles de la Grande île.

Le projet Textile city est dans les tuyaux depuis des années. Comment définiriez-vous un Textile city ? Quelles en devraient être les composantes ?

Hery Lanto Rakotoarisoa (H.L.R.): Tout dépend de la taille du Textile city, du nombre d’entreprises, de la capacité de mise en œuvre et des ressources financières qui y seront affectées. Il doit être en capacité de recevoir une cinquantaine d’entreprises. Néanmoins, en plus des usines avec les installations annexes, il devrait contenir des centres de formation et de recherche, des infrastructures de service (services privés et publics, équipements collectifs…), des infrastructures sociales (écoles, hôpitaux, hôtels…) à l’intérieur ou à proximité, et un espace douanier.

Pour vous, quels sont nos atouts à exploiter et qui vont dans le sens de ce projet ? 

H.L.R.: La qualité et la dextérité de la main-d’œuvre malgache avec un coût relativement bas par rapport aux autres pays sont des atouts essentiels. Il faut également noter qu’elle est facile à former. Textile city devrait être destiné aux nouveaux investisseurs. En effet, il est très difficile pour ceux qui sont déjà en place et qui ont réalisé des investissements assez conséquents – notamment en matière d’acquisition de terrain, de construction d’usines et de ses dépendances, de bassins de traitement d’eaux usées, d’utilisation d’énergie renouvelable (panneaux solaires…) – de se délocaliser dans un autre site.

Quels sont les besoins ou conditions pour qu’un Textile city puisse exister, perdurer et développer ? 

H.L.R.: Je vais citer pêle-mêle: l’accessibilité et la connectivité aux infrastructures (réseaux, moyens de transport, voies de communication, port…), la possibilité d’accès à l’eau et à l’électricité et de disposer à proximité du site d’une population pouvant répondre aux besoins de main-d’œuvre. La sécurisation foncière, notamment pour les terrains domaniaux, est primordiale sans oublier l’instauration d’un climat des affaires propice aux investissements et la stabilité des textes juridiques.

Comment pallier les besoins en main-d’œuvre? Quelle devrait être la politique énergétique? 

H.L.R.: Pour pallier aux besoins de main-d’œuvre, il faudrait constituer un vivier de compétences sur les métiers en tension ou en forte demande sur le marché de travail du secteur textile-habillement et accessoires, et ce, à travers les projets avec le Fonds malgache de Formation professionnelle (FMFP) ou un partenariat avec une institution étrangère. À titre d’exemple, le GEFP travaille actuellement avec le Mauritius export association (Mexa) sur un projet de développement et gestion de talents en matière de textile. En ce qui concerne l’énergie, il faudrait encourager l’autoproduction d’électricité via les différentes sources d’énergie primaires disponibles. Quant aux problèmes de matières premières, il faut relancer la filière coton et procéder à une “verticalisation” du secteur pour ne plus dépendre des matières premières importées et créer ainsi plus de valeur ajoutée.

Qu’est-ce qui pourrait tempérer les ardeurs des investisseurs ? 

H.L.R.: L’insécurité par rapport à l’existence de différents textes réglementaires régissant les Zones et entreprises franches (ZEF) est réelle: la loi n° 2007-037 du 14 janvier 2008 sur les ZEF, les dispositions fiscales des ZEF inscrites dans le Code des impôts suivant la Loi des finances 2022, la zone franche dans le Code des douanes suivant la LFI 2023.

Le marché est-il encore opportun pour ce grand projet ? Comment percevez-vous l’évolution de Madagascar sur le marché du textile ? 

H.L.R.: Le marché est opportun si toutes les conditions nécessaires que j’ai citées sont réunies. Dans ce secteur, la Grande île tient actuellement le deuxième rang en Afrique subsaharienne. Encore une fois, si toutes les conditions sont réunies, et avec une implication effective du secteur public, Madagascar pourrait évoluer sereinement sur le marché du textile. Il faut également noter l’importance du renouvellement de l’African growth opportunities act (AGOA) qui prendra fin en 2025.

Qui sont les pays potentiels auxquels sont destinés nos produits et les autres à conquérir ?

H.L.R.: Les pays destinataires de nos produits sont l’Europe, les États-Unis et l’Afrique du Sud. Dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) peuplée d’un peu plus de 1,4 milliard d’habitants, les vêtements en coton sont considérés comme un secteur stratégique, l’Afrique serait un marché potentiel pour nos produits. Par ailleurs, il faudrait noter que ces dernières années, le continent a été désigné comme le continent stratégique par les acheteurs internationaux de vêtements et les marques pour la diversification de leur sourcing. L’Australie a également accordé un accès en franchise des taxes aux vêtements portant le label Made in Madagascar

Quelle est la position du GEFP par rapport à Textile City ?  

H.L.R.: Le projet devrait être destiné aux nouveaux investisseurs. En effet, il est très difficile pour ceux qui sont déjà présents et qui ont réalisé des investissements assez conséquents – notamment en matière d’acquisition de terrain, de construction d’usines et de ses dépendances, de bassins de traitement d’eaux usées, d’utilisation d’énergie renouvelable (panneaux solaires…) – d’opérer dans un autre lieu
d’implantation. 

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